Eric Ligonnière, écrivain public

18, rue de la forêt aux moines, 94370 Sucy-en-Brie / Tel: 06 74 01 14 77 - 01 49 76 91 08 / Mail: eligonniere-ecrivainpublic@orange.fr

07 juillet 2008

Candidature spontanée / COURRIERS

« Pan ! dans le mille ! » s'exclama ma mère. Mon père ne cilla pas.

Sept ans à peine. Je venais de faire mouche pour la première fois et découvrais soudain la jubilation toute intérieure du trait parfaitement tiré.

Ce fut le début d'une longue passion pour les mots qui alla de pair avec une belle collection d'autres maux et bobos, comme il se doit à cet âge. Mes universités d'été furent de mémorables parties de ping-pong en famille, avec, pour redoutables entraîneurs et partenaires mes oncles et grand-père. Autour de la table, les mots fusaient, rebondissant aussitôt vers mille directions inexplorées.

Depuis, je n'ai cessé de les retourner en tous sens, sans interdit, à toutes heures du jour ou de la nuit, et en tous lieux. L'oreille, l'œil et I'esprit toujours aux aguets prêts à saisir la moindre opportunité, l'occasion qui fait le larron.

J'aime les mots, leurs sonorités, leurs ambivalences et ambiguïtés, les assortir comme les opposer. Jongler avec les idées, les plus simples ou les plus incongrues pour le plaisir de surprendre. Faire feu de tout bois pour faire chaud au cœur. Ou, plus rarement, jeter un froid. Amuser, séduire, étonner, choquer parfois, mais toujours pour faire réagir.

Outre cette passion des mots et des idées, je vous apporte une longue expérience, celle du service au client. 15 années d'échanges quotidiens, de communication verbale et écrite avec des responsables d'entreprises. Avec pour objectif unique, des clients heureux qui aient envie de revenir.

J'espère vous rencontrer très prochainement et pouvoir vous exprimer mon enthousiasme pour ce nouveau challenge.

Très cordialement.

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Lettre barbotique / COURRIERS

À I'attention d' Y.B., Ie très estimé Président des Barboticiens de France et de Navarre.

Cher Président Barboticien.

C’est avec retard que je vous adresse ma pige en réponse au dernier thème barbotique, « La Clé ».

Cela fait quelques temps déjà que j'aurai du vous l'envoyer, mais ayant égaré mon propre trousseau, je n'ai pu quitter mon chez moi dans les délais convenus et convenables. Par fierté, je n'ai osé appeler personne à mon secours, comptant sur mon imaginaire pour trouver une solution. Quelle déception que de découvrir à quel point ce dernier était loin d'être débridé pour me permettre une sortie anticipée plus glorieuse.

Enfin, me voilà hors les murs ! J'exulte !

Craignant que ma modeste contribution ne soit, dans son acheminement, retardée plus encore par une quelconque grève des postes, restant alors misérablement enfouie dans l'obscurité et l'anonymat d'un vulgaire sac de toile au milieu de kilos de missives toutes aussi inintéressantes les unes que les autres (a fortiori quand on sait l'importance qu'il y a à laisser circuler en priorité I'esprit barbotique), je décide de recourir à la technologie du fax.

D'avance je me délecte à imaginer cette missive parcourant notre hexagone dans sa méridienne Paris - La Colle-sur-Loup, au travers de cet immense écheveau de lignes téléphoniques, et en un temps à faire pâlir le moindre obus moulu dans l'acier extrait des mines de Silésie qui aurait eu pour destinée moins glorieuse de relier Léningrad à Pétrograd, ou l'inverse. Se référer pour mémoire à la brillante thèse écrite sur ce sujet par le non moins éminent de nos aînés barboticiens : j'ai nommé le Sieur M.D., une de nos huiles barboticiennes.

C'est alors, un alors magiquement réduit à quelques minuscules minutes voire même secondes (une misérable goutte d'eau ramenée à I'histoire du sous-sol de Silésie), que votre fax régurgitera, dans un borborygme mécanique qui effraierait sans aucun doute le conduit auditif d'un horloger franc-comtois ou genevois (il faut se rappeler que si l'helvète répète à l'envi « je ne vois rien », il n'est pas sourd pour autant), cette contribution qui est mienne à un esprit auquel je collabore avec un plaisir non feint qui est sans commune mesure comparé à d'autres contributions (merci de fisc !) dont je me passerai bien, et pour lesquelles d'ailleurs on ne me demande jamais mon avis.

Je me suis longuement penché (ce qui m'a d'ailleurs valu un douloureux lumbago) sur votre proposition de dialogue entre une porte, une serrure et une clé. J'avoue avoir trouvé I'idée si géniale que j'en avais rugi de plaisir, ce qui me valut pendant plusieurs jours les regards courroucés de mon voisinage. Mais comme disait la cloche : « Je m'en tape ! ». J'ai longuement observé toutes les portes de mon huis clos dans l'espoir d'ouïr un brin de discours entre les éléments qui les composent. Rien ! Elles sont restées désespérément muettes.

Comment me mettre moi-même à leur place ? Je suis bien contrit d'avouer que j'en ai été à la peine. Je n'ai su coucher sur le papier réponse à I'idée que vous aviez vous-même levée. Mais en même temps, cette douloureuse inefficacité est en partie soulagée de savoir que d'autres brillants barboticiens, aux esprits débridés, auront su concocter des morceaux d'anthologie dont ils sont coutumiers, et qu'ils auront su répondre à l'estime que vous leur portez. J'espère avoir le plaisir de lire quelques unes des oeuvres majeures que vos dévoués confrères et vous-même aurez su créer.

Sur ce, il me faut à regrets retourner à des tâches, certes moins nobles que celles que vous promouvez. Permettez alors, cher Président, que je vous adresse mon amical et indéfectible souvenir.

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Photographie, Écriture / EXPOSITIONS

Deux approches différentes, parmi d'autres, permettant à tout un chacun d'exprimer, au travers du filtre de son vécu, ses émotions, son regard, ses interrogations. Exercices difficiles en soi indépendamment l'un de l'autre.

L'image synthétise, fixe, fige un instant donné du temps. Par le choix même du sujet, forcément subjectif, émotionnel, mais aussi au travers de son regard - sa vision de l'instant - et de ses choix techniques (cadrage, Noir/Blanc ou couleur, sensibilité du film, temps de pose), le photographe nous impose SA vision du momentané. Vision que nous sommes à même de recevoir, selon notre propre vécu. Il nous invite à partager, éventuellement à comprendre, ce qu'il a voulu nous montrer. Certaines images touchent, émeuvent, d'autres peuvent gêner ; parfois elles nous laissent indifférents.

Au delà des mots qui nous sont communs, l'écrivain, par son style, par sa narration, nous emmène vers le monde qu'il a choisi de nous conter. Certains auteurs nous touchent plus que d'autres. Le cadre d'un roman, les personnages bien sûr, mais aussi la technique narrative, le choix des mots et du style contribuent à éveiller notre intérêt. Comme devant une photographie, le lecteur réagit, à sa manière, à la musicalité de l'écrit.

Cette exposition nous propose la sensibilité croisée de photographes et d'écrivains amateurs sur le thème de l'Amour et de la Tendresse. L'intérêt de la démarche réside dans la juxtaposition des travaux de leurs auteurs.

De ce parallèle ont pu s'exprimer des visions partagées; parce qu'une photo a pu émouvoir l'écrivain et le conduire à chercher, avec ses mots, un complément à ce qui l'a touché. Parce qu'un texte, un poème, une phrase a interpellé un photographe et qu'il a tenté, à sa façon, d'exprimer son ressenti.

Visions partagées, mais aussi oppositions. Certains textes ou photos pourront surprendre par leurs apparentes contradictions. Le but de leurs auteurs n'a pas été de s'affronter. Chacun, dans le plus grand respect du travail de l'autre, a montré ou dit à sa manière son idée de l'Amour et de la Tendresse. Idée qu'il sera aisé de saisir dans certains textes et photographies. Mais qu'il faudra parfois percevoir et comprendre au delà de l'image ou des mots. Car l'Amour et la Tendresse, c'est parfois aussi, hélas, des silences, des absences ou des vies brisées.

Le grand mérite de ce travail a été, pour les auteurs d'images comme de textes, d'accepter le regard des autres sur leurs propres oeuvres, mais surtout leurs réactions exprimées en mots ou photos qui n'auraient peut-être pas été celles attendues.

Main tendue à la tolérance et au respect mutuel.

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Hommage / DECLARATIONS

Photo: EL ©

Hommage_photo

De longues minutes durant je vous avais observée.
Ma vie en fut à jamais bouleversée.
Vingt années durant lesquelles votre image m'obséda.
Mes jours et mes nuits elle hanta
Me laissant presque sombrer dans la folie.
Depuis je n'ai eu cesse que de vous retrouver ici.

Aujourd'hui, me voici enfin libéré.
Le voile est tombé et votre beauté exposée
Telle qu'à mes yeux vous étiez apparue
Dans la magnificence de ce corps nu.

De I'endroit même où, il y a si longtemps, je vous surpris,
Je regarde la lumière à la pierre donner vie.

Peut-être un jour, vous promenant en ce jardin,

Reconnaîtrez vous ce personnage anodin.
Et qu'un doute, qu'une image enfouie
Remontent du plus profond de vos nuits
Pour qu'enfin, à la porte de mon atelier bohème,
Paraisse celle à qui je dirai : « Madame, je vous aime ».

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Reviens ! / DECLARATIONS

Photo: EL ©

Reviens_photo

Reviens !
Je pense éperdument à Toi.
Ton visage me hante.
Ton absence me pèse.

Brises qui me rappellent la danse de tes cheveux blonds
Quand soleil et vents du large s'entendaient
Pour les faire virevolter dans une sarabande endiablée.

Regrets. Amertume.
Peine. Chagrins.
Je t'en prie reviens !

Mon coeur semble à jamais s'être endormi
Lui qui battait la chamade à tout rompre
Quand dans mes bras je t'enserrais.
Le ciel de Paris s'est assombri et partage ma peine.
Je ne sais, des nuages ou de mes yeux, à qui appartiennent
Ces larmes qui coulent sans fin sur mon visage.

Reviens !

Le rebelle que j'étais avait trouvé en Toi une compagne de route,
Une compagne de vie.
Mais un jour tu es partie me laissant seul face à un pesant silence.
Aveuglé d'amour, je n'avais sans doute pas vu que derrière ta lumineuse beauté
Se cachait une rebelle encore plus indomptable.
Que j'ose à peine espérer toujours indomptée.

Mon regard scrute I'immensité du monde.
Il espère à chaque instant voir apparaître un signe
Comme I'annonce de ton imminent retour.

Le ciel reste désespérément gris.

Reviens !

Qu'un jour mes yeux puissent à nouveau s'illuminer
Du bonheur perdu de te regarder,
Et mon coeur s'emballer contre le tien.
Que le vent en jouant dans ta crinière de feu
Sèche à tout jamais cette douloureuse blessure.

Reviens Belle Rebelle.
Qu'enfin notre Amour soit de retour
Tout en haut de I'affiche

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Blanche Lafeuille / BIOGRAPHIES

Écrivain, romancière canadienne (1870-1937).

La Société des Écrivains du Québec lui attribue la « paternité » de quelques ouvrages dont les plus connus sont: « Encre sèche », « La plume brisée » et un roman (autobiographique ?) : « Les angoisses ».

Curieusement, et bien que Blanche Lafeuille soit reconnue officiellement au Québec comme romancière, il n'existerait à ce jour aucun exemplaire répertorié d'aucune de ses oeuvres.

Pour le syndicat des écrivains canadiens, Blanche Lafeuille ne serait en réalité qu'un imposteur. Certains membres de ce syndicat, forts contrits par la reconnaissance de cet auteur par la Société des Écrivains du Québec, n'hésitent pas à la surnommer « la Pucelle de la Littérature ». En fait, elle n'aurait enfanté aucun écrit.

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Neptune / POESIES

Neptune, Dieu de la Mer
L'a amère.

L’amertume de Neptune

Qui de colère écume,

Non pas de vagues sentiments

Mais des vagues de ressentiments.

Point envie de se marrer,

Et pourtant paradoxe

C’est période d’équinoxe,

Il en faudra bien des marées.

Neptune, il a pris un râteau,

Rien qui ne la méduse
Elle, la Lune, qui dans son blanc halo
Baigna le radeau qu'on a dit de la Méduse.

Et si le Dieu de la Mer l'a amère
De sa colère Lune n'a que faire.

Ce qu'elle veut, c'est sentir son écume
Caresser ses belles courbes brunes.

Dans cette nuit noire d’équinoxe,

De sa colère, elle exulte.

Elle est la belle qui l’apaise.

Tempéraments et paradoxes.

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L'enfant et les oiseaux / POESIES

Insouciante et bienheureuse enfant.
Tu souris à la vie.
Mais déjà dans ton regard se lit le rêve d'un envol futur.
Laisse-nous veiller sur toi, te chérir et te protéger.
Prends le temps de grandir,
La chrysalide n'est pas encore devenue papillon.

Un jour, et ce jour viendra suffisamment tôt,
Forte de l'Amour que nous t'aurons donné,
Tu sentiras que le moment est venu.
Un instant hésitante, tu auras un ultime regard vers nous,
Avant que de déployer tes ailes pour le voyage de Ta Vie.

Pareille à ces oiseaux,
Nous te regarderons voler, maîtresse des airs.
Dans la grandeur du ciel.
Parfois sans nul doute, ballottée par les vents.

Mais comme eux,
Tu trouveras toujours une main tendue
Prête à t'offrir chaleur et réconfort.

Parce que même devenue adulte,
Tu restes à tout jamais Notre Enfant.

Notre fille tant aimée.

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Une vie / POESIES

D'une vie épique
Dorée partout.
Elle rêva d'Amérique,
De beaux bijoux,
Robes les plus chics

Et magnifiques dessous.

Éprise d'éthique
Elle chercha l'époux.

Mais souffrait de tics
Et connu la toux.

Devint colérique,
Se prit le chou.

Une bête histoire de fric

Qui affola l'époux.

Tourna hystérique,
Perdit Loulou.
Envolés les tics
Et finie la toux.

Depuis elle pique
Un peu partout,
Fréquente les flics
Et les marloux.

Ombre éthylique
Torchée debout,
Nourrissant les tiques
Et infestée de poux.

C'est utopique
De vouloir tout,
Mais pathétique
D'être rien du tout.

Très véridique.

Pas rare du tout.

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L'écueil / POESIES

De cette mer lisse, tu émerges. Tranchant.

Echo minéral renvoyant du tréfonds des mémoires
Le fracas d'un océan qui se brise,
Le bruit assourdissant de navires éventrés,
De mâts qui s'affaissent
Et de voiles déchirées battues par les vents.

Tu émerges paisible au milieu des flots.

Pourtant, par toi, bien des voix se sont tues
Emportées dans d'abyssales ténèbres.

Posté par volo à 09:20 - 6. Tous types d'écrits - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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